
Retraite : que change la convention France-Israël pour vous
Vos années de cotisation en France ne sont pas perdues en Israël. Voici ce que prévoit vraiment la convention bilatérale de sécurité sociale.
Oui, une convention bilatérale de sécurité sociale existe bien entre la France et Israël, et elle couvre notamment la retraite : vos années de cotisation en France ne sont donc pas perdues lorsque vous vous installez en Israël. Concrètement, elle permet de faire reconnaître et coordonner vos droits entre les deux pays, plutôt que de transférer physiquement une épargne d'un système à l'autre.
Une convention ancienne, toujours en vigueur
Signée en 1965 et entrée en vigueur le 1er octobre 1966, la convention de sécurité sociale entre la France et Israël encadre notamment les branches vieillesse et survivants. Elle est référencée officiellement par le CLEISS (Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale), l'organisme français qui centralise l'information sur les accords internationaux de sécurité sociale. C'est un point rassurant pour beaucoup d'olim : la convention n'est pas un simple usage administratif, c'est un texte bilatéral toujours applicable aujourd'hui.
Le principe clé : la totalisation des périodes
Le mécanisme central de la convention s'appelle la totalisation des périodes d'assurance. En clair, quand vous demandez votre retraite, l'institution compétente additionne vos périodes de cotisation accomplies en France et celles accomplies en Israël, sous réserve qu'elles ne se chevauchent pas, pour déterminer si vous atteignez la durée nécessaire à l'ouverture de vos droits. Sans cette totalisation, une carrière partagée entre les deux pays pourrait, dans certains cas, ne suffire nulle part à ouvrir un droit à pension. La convention évite ce scénario.
Une fois vos droits ouverts, chaque pays calcule et verse sa propre part, au prorata de la durée que vous avez effectivement cotisée sur son territoire. Selon les cas, vous pouvez ainsi percevoir deux pensions distinctes, une française et une israélienne, chacune calculée selon les règles de son pays d'origine.
Un exemple simplifié pour comprendre le mécanisme
Prenons un exemple purement pédagogique, sans valeur de calcul officiel. Une personne qui aurait travaillé une quinzaine d'années en France avant de faire son alyah, puis plusieurs années supplémentaires en Israël, verrait ses deux périodes additionnées pour vérifier l'ouverture de ses droits, même si aucune des deux périodes prise isolément n'aurait suffi. Chaque pays lui verserait ensuite sa propre pension, calculée selon ses propres règles et au prorata des années effectivement cotisées chez lui. C'est cette logique de coordination, et non de fusion des deux systèmes, qu'il faut retenir.
Vos pensions peuvent-elles être versées en Israël ?
Oui, c'est un autre apport important de la convention : elle prévoit l'exportation des prestations, c'est-à-dire la possibilité de percevoir votre pension française tout en résidant en Israël, sans que votre lieu de résidence ne remette en cause votre droit au versement. C'est une nuance essentielle pour beaucoup de retraités olim, qui craignent parfois, à tort, de devoir choisir entre vivre en Israël et toucher leur pension française.
Ce que la convention ne couvre pas
Il est important de ne pas se faire d'illusions sur le périmètre de cet accord : selon le CLEISS, la coordination prévue par la convention franco-israélienne concerne la vieillesse et les survivants, mais pas l'assurance maladie ni l'invalidité. Pour ces branches-là, chaque système fonctionne de façon indépendante, et vous devrez vous renseigner séparément sur vos droits en Israël (Bitoua'h Leumi, assurance maladie privée) et en France. De la même façon, les retraites complémentaires françaises peuvent obéir à des règles propres, pas nécessairement identiques à celles du régime de base : mieux vaut vérifier votre cas précis auprès de votre caisse ou d'un courtier plutôt que de supposer que tout fonctionne exactement de la même manière.
Comment faire valoir concrètement vos droits
Dans la pratique, faire jouer la convention suppose de constituer un dossier avec vos relevés de carrière français, disponibles via votre compte retraite en ligne en France, et vos périodes d'affiliation en Israël. Selon votre situation, la démarche peut s'engager auprès de la Caisse nationale d'assurance vieillesse côté français, ou auprès de l'Institut National d'Assurance côté israélien, qui transmettent ensuite l'information à l'institution compétente de l'autre pays. Ce processus administratif peut prendre du temps, et il est d'autant plus fluide que vous avez conservé une trace claire de votre carrière française avant de quitter le pays.
Quand engager les démarches
Il n'est pas nécessaire d'attendre l'âge de la retraite pour s'intéresser à ce sujet. Beaucoup d'olim gagnent à rassembler leurs relevés de carrière française dès leur installation en Israël, pendant qu'ils ont encore facilement accès à leurs identifiants et à leurs anciens employeurs, plutôt que de tout reconstituer des décennies plus tard. Cela vaut aussi pour les personnes qui ont eu une carrière courte ou fragmentée en France : même quelques années de cotisation peuvent avoir leur utilité dans le calcul global une fois combinées à la durée d'affiliation en Israël, grâce au principe de totalisation.
Pourquoi se faire accompagner plutôt que de gérer seul
La convention offre un cadre protecteur, mais son application concrète dépend de votre carrière, de votre âge, et des régimes auxquels vous avez cotisé en France, qu'il s'agisse du régime général, de la fonction publique ou des professions libérales. Chaque dossier est différent, et une mauvaise interprétation peut coûter cher en temps ou en droits mal valorisés. Notre page Assurance Retraite présente également les dispositifs privés israéliens qui viennent compléter ce que couvre la convention, pour une vision d'ensemble de votre future pension.
Si vous préparez votre alyah, ou si vous êtes déjà installé en Israël et que vous vous interrogez sur vos droits français, le plus sûr est d'en parler avec un professionnel qui connaît les deux systèmes. Contactez-nous pour faire le point sur votre carrière et comprendre comment la convention s'applique concrètement à votre situation.
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