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L’assurance Invalidité

En Israël, dès l’âge de 65 ans (!), une personne sur trois devient dépendante et nécessite l’aide d’une tierce personne pour des tâches basiques quotidiennes, comme se laver, s’habiller ou se déplacer.
Au regard de la loi israélienne, l’obligation légale des soins à assurer à une personne dépendante revient en premier lieu à sa famille, généralement ses enfants, faute de quoi des poursuites pénales sont engagées pour recueillir les fonds nécessaires. Il serait cynique de mentionner l’aide du Bitoua’h Léoumi qui ne propose dans un tel cas qu’une aide de quelques heures hebdomadaires pour les tâches ménagères…
Face à une telle réalité, lorsque l’on sait que le coût mensuel d’une aide à domicile 24h/24 varie de 8.000 à 10.000 shékels, auxquels il faut ajouter les équipements nécessaires pour adapter le lieu de résidence à la nouvelle situation de la personne dépendante, les dépenses deviennent donc très lourdes. Pire, dans un établissement gériatrique de qualité, il faut compter de 15.000 à 20.000 shékels par mois l’hébergement
Combien de disputes au sein des couples et des familles ont éclaté face à la responsabilité qui pèse désormais sur les enfants et à la participation financière qui leur est exigée ? Ceux qui ont vécu ces situations comprennent très bien de quoi je parle…
Or, il faut savoir, que la moyenne de vie pour une personne dépendante est au minimum de 8 ans, ce qui représente au bas mot, près de 800.000 shékels… Qui peut assumer de telles dépenses ??? Ce sinistre calcul amène donc toute personne sensée, soucieuse de préserver la paix au sein de sa famille à prendre les devants en contractant une police d’assurance invalidité.
La première possibilité consiste à s’assurer auprès des Koupoth ‘Holim. Certes les cotisations mensuelles sont relativement raisonnables mais deux problèmes de taille se présentent : le premier est qu’elles n’assurent pas en cas de dépendance consécutive à un accident, mais seulement suite à une maladie, et le second, qu’elles ne couvrent que les cinq premières années, alors que, comme noté plus haut, la moyenne de vie d’une personne dépendante est de huit ans… En plus, le montant mensuel assuré est généralement de 5.500 shékels, à condition que la personne ait contracté cette assurance avant l’âge de 50 ans, sinon les indemnités vont en diminuant…
Dans le domaine des assurances invalidité, un tournant dramatique s’est produit en novembre 2017 lorsque l’inspectrice chargée des assurances au sein du gouvernement a décidé d’interrompre de manière unilatérale les assurances collectives au 28 février 2018… La raison est très simple, les cotisations mensuelles payées par les salariés des entreprises où une telle assurance était proposée n’étaient pas du tout réalistes puisque beaucoup trop basses comparativement aux frais énormes auxquelles les compagnies d’assurance auraient dû faire face. Il est essentiel de préciser qu’une telle démarche a pu se faire parce qu’il s’agit de polices collectives et non individuelles. Dans ce dernier cas, il est absolument IMPOSSIBLE pour la compagnie d’assurance d’annuler un contrat, seul l’assuré peut l’annuler.
Face au tollé provoqué dans l’opinion publique, avec notamment une campagne massive de la Histadrouth suite à cette décision dramatique, un compromis a été trouvé : l’ensemble des salariés s’est vu proposer la possibilité de souscrire une police invalidité auprès d’une compagnie d’assurance privée avec une réduction de 30 %, sans questionnaire de santé pour les personnes âgées de plus de 60 ans et le tout en conservant leur ancienneté au sein de la compagnie.
De ce fait, à compter du 1er mars 2018, un million d’assurés qui bénéficiaient d’une assurance collective vont devoir contracter une police d’assurance invalidité à titre privé.
Mais que fait la majorité des israéliens ?
Pour s’assurer de ne pas devenir un poids ni un casse-tête pour leurs proches, ils commencent à souscrire une assurance invalidité à un âge relativement jeune, là où les cotisations sont les moins chères, et lorsqu’ils parviennent à l’âge de la cinquantaine, ils arrêtent leurs cotisations. Les sommes cumulées se transforment alors en un capital épargne qui reste à leur disposition en cas d’invalidité et leur permettra de percevoir, en fonction du nombre d’années cotisées et de leur âge, un pourcentage pouvant atteindre jusqu’à 80 % du montant pour lequel ils avaient souscrit, et ce, à vie. Par exemple, une personne qui a commencé à contracter une assurance invalidité à l’âge de 27 ans pour une indemnité mensuelle de 8.000 shékels et qui l’interrompt à 50 ans pourra, dans certains cas, percevoir en cas de besoin jusqu’à 6.400 shékels alors même qu’elle ne cotise plus, tout cela conformément à une grille rigoureusement réglementée par l’Inspection gouvernementale chargée des assurances.
On comprend donc aisément, qu’en Israël, où la protection sociale est plus que défaillante à ce jour, il faut vraiment faire preuve d’inconscience totale pour ne pas se soucier d’une assurance invalidité…
Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à me contacter au 054-3070916.

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